Photographes en résidence
Au 28 mai
Rencontres de la jeune photographie internationale 2022
Au cœur des Rencontres de la jeune photographie internationale se trouve une résidence unique. Avril 2020, en raison de la crise sanitaire, la résidence de création – accompagnée par J.H. Engström – a été reportée en avril 2021 puis reportée en septembre 2021 sans pour autant nous permettre de dévoiler les créations qui y ont été réalisées. Celles-ci ont été montrées lors des RJPI 2022 aux côtés des créations des résident·es 2022.
Informations complémentaires
Lucile Boiron – FIG.1 FIG.2 FIG.3
Visible et opaque, érotique ou morbide, tantôt féminine, tantôt masculine, la figue fascine autant qu’elle révulse. Boîte noire dotée d’un trou lui permettant de communiquer avec l’extérieur, il ne s’agit pas d’un fruit mais d’une cavité dans laquelle un insecte vient mourir en la fécondant. Absorbée, et digérée par la matrice, fruit et fleur se développent à l’intérieur. Filaments rouges ou rosés que l’on découvre en l’éventrant ou en la mordant.
Martina Cirese – Silence is sexy, 2015 – Ongoing
(Italie)
Je photographie l’intimité parce qu’elle me manque. Les portes s’ouvrent, nous permettant d’échanger en confiance. Niort s’avère plus prête à l’expérimentation que toutes les grandes métropoles dans lesquelles j’ai vécu jusqu’à présent. La première semaine se termine à la volée. Je me précipite dans le laboratoire le lundi suivant. Il faut faire vite pour laisser une trace de mon passage ici. Le format qui ressort avec évidence est la planche contact sur papier brillant. Je me retrouve dans le labo après diner à jouer avec les masques de lumière dans le sombre. Blanc sur noir… chaque instant révélé s’enchaîne au suivant, dans un flux unique de chair, corps et liens cristallisés dans le temps.
Frédéric Danielsen
(Danemark)
J’ai photographié la jeunesse de Niort. Certaines rencontres étaient prévues, d’autres se sont faites au hasard. Par exemple, devant un supermarché, près du fleuve ou s’embrassant dans le parc. Je ne cherchais rien de particulier. Mais pour tous, je les ai photographiés où ils étaient dans une période de la vie intéressante. Une période entre l’enfance et l’adulte. Une période marquée par les premiers sentiments profonds et les premiers coups durs.
Jeanne Dubois-Pacquet – Expériences, d’après la bibliothèque du Bord du Monde
Au bord de la terre ou au bord de la mer?
Au bord du Monde ou au bord des mondes ?
Phrase ou chemin ?
Poésie ou science ?
Interprétation ou obsession ?
Matériel ou invisible ?
Contre forme de la mer ou forme de la falaise ?
Forme du monde ou contre forme de la terre ?
Paillettes de mer ou flaques de terre ?
Encadrer les lignes ou les laisser s’envoler ?
Leif Houllevigue
(Belgique)
De la rivière au fleuve, de la mer à l’océan,
De la forêt au sentier,
Les bruits de pas à travers le brouillard et le zénith s’accentuent,
Un dernier verre au pop114
Il faut que je rentre à la maison,
Putain j’ai oublié mes chaussures sur le toit de la voiture.
Emma Riviera – Histoires de Niort et des Deux-Sèvres
C’est l’histoire de ma résidence à Niort, ou plutôt de mon voyage dans le Marais poitevin. Je voulais rencontrer des gens, errer au hasard pour faire des photos. Je roulais de village en village, à la recherche d’un sujet. Finalement, c’est d’une succession d’histoires ordinaires dont il sera question : d’un homme dangereux, d’un sex-shop poussiéreux, d’une légende locale. Mais aussi de la station spatiale Mir et d’une brosse à dent mal placée.
Neus Solá – C’est à propos de moi. Ou, plutôt, sur nous.
(Espagne)
Il ne s’agit pas de toi, ni de lui, ni d’eux.
C’est à propos de moi.
Ou, plutôt, sur nous.
Ça semble étrange, de parler de moi.
De moi avec toi,
Quand je me suis toujours cachée
Dans l’autre.
Venir a été un acte politique
Une expérience retentissante
Une lutte contre le renoncement
Dans le but de préserver mon espace Pour ne pas dis
pa
raî
tre
Et ici
J’ai essayé
Chasser le temps en prenant ses silences,
Me retrouvant dans les morceaux
D’une vie soudainement fragmentée,
De directions interrompues,
De rêves percés.
Je voulais coudre ces instants ensemble
Pour les remplir d’histoires et d’images
Dans un cri désespéré
Qui me sauverait de ce qui s’efface.
Mais je n’ai trouvé que des corps vides
Pendant que mon âme bouillait
Désireuse de trouver une autre langue
Qui me libérerait de la statique
Du parfait De l’artifice. Frustration. Saturation. Désespoir.
Faire face à l’auto-illusion
EXPLOSION
Et soudain, il s’avère que tout est
Moins important
Moins pertinent
Moins urgent
Je [dé]construis mon idée
À la recherche du flou
Le brut
L’authentique.
Qu’importe la forme !
Le fortuit
Le vomi
Le spontané L’imparfait
Et ici je suis moi, nous
Dans notre nouveau format
Plus éthéré
Ouvrant notre corps à l’infini
Tout comme tu es venue au monde
Faire confiance à ce qui n’est pas encore
Apprendre à se défaire de ce qui est obsolète Pour avancer légère
Et embrasser l’inattendu
Pendant que je tiens ta main.

Yorgos Yatromanolakis
(Grèce)
L’environnement de Niort était pour moi quelque chose d’étrange et d’unique. Malgré cela, la rivière est rapidement devenue une boussole étrange pour mes pérégrinations. En sortant du Fort Foucault, tôt le matin, je suivais librement le cours de la rivière et marchais pendant des heures, comme si j’étais hypnotisé. Je m’immergeais dans l’observation de la flore et de la faune riveraines. Parfois, je me retrouvais aux abords de la ville et d’autres fois je tournais en rond, désorienté par les méandres de la rivière.
Manon Thomas – Gynécées
Je pousse la porte translucide de cet endroit, il y a comme un tintement métallique, j’entre à l’intérieur. Des odeurs de vanille et de cannelle flottent autour de moi. Je suis transportée dans cette capsule où trônent une multitude de lotions et d’onguents sur des étagères. De tous les côtés, de larges surfaces irisées en carton réfléchissent la lumière, sur lesquelles se dressent de radieux visages. Un poste de radio joue une musique soporifique, une quiétude très singulière semble régner ici.







