Sumi ANJUMAN
River Runs Violet
Au 25 mai
Rencontres de la jeune photographie internationale 2024
Édition spéciale – 30 ans après?
Dans mon pays, le Bangladesh, grandir en tant que femme implique de naviguer dans le labyrinthe d’une boussole patriar- cale complexe. Ce faisant, les minorités de genre se heurtent constamment à diverses peurs. Dans un tel contexte, le Bangladesh connaît en moyenne près de quatre femmes, filles et enfants violés chaque jour et ils sont en augmentation. Les spécialistes des sciences sociales, les avocats et les enquêteurs criminels sur le terrain ont constaté que la culture de l’impunité, l’usage illégal du pouvoir, les échecs politiques, le manque de responsabilité des agences concernées et le déclin des valeurs sociales contribuent à la formation d’une culture du viol. Dans cette terrifiante manifestation de la réalité, même notre inconscient est pos- sédé par la peur d’être violé.
À une telle intersection, Zana (pseudonyme) et moi avons engagé une conversation idiosyncratique intitulée River Runs Violet, pour former une protestation non violente contre les racines de la culture du viol au Bangladesh. Les idées empiriques de Zana en tant que victime de viol, ainsi que ma propre quête en tant que femme grandissant dans le même milieu, dialogueront en une correspondance visuelle à plusieurs voix.
Informations pratiques

Biographie
L’histoire de Sumi Anjuman en tant que femme dans la structure socio- politique conservatrice musulmane du Bangladesh, comme la majorité des femmes dans ce paradigme, est un conflit constant. Cette condi- tion lui a permis de comprendre intuitivement l’oppression et l’agonie spécifiques au genre de cette société. Sa pratique artistique vise à s’engager dans un discours non-violent au sein de notre société pour s’attaquer sans détour à ces phénomènes.
Afin de parvenir à une telle quête, l’esthétique artistique de Sumi Anjuman développe un tissu de réalisme à la fois poétique et magique en intégrant des photographies fictives, cousues à la main avec des approches re-photographiques, et des archives. En parallèle, sa méthodologie multivocale incarne le concept de «guérison par la création», et cette approche artistique collective née de ce concept s’efforce de créer un fort impact cérébral et émotionnel sur le spectateur.