Magali LAMBERT
Les vies secrètes de l’ordinaire
Au 21 octobre
Les vies secrètes de l’ordinaire
« Au seuil de cette exposition, nous pourrions nous livrer à un inventaire à la Prévert. Mais ici, méfions-nous des apparences : les choses ordinaires y ont une vie, et pas n’importe laquelle. Celle que leur insuffle Magali Lambert.
Commençons par dire que l’artiste est une glaneuse. Elle recueille, préserve, sauvegarde ce dont nous ne nous voulons plus, objets délaissés, au rebut, oubliés. Ce dont nous voudrions nous défaire constitue la matière même avec laquelle Magali Lambert fait œuvre. Gardienne de ces vestiges, après cette mission qu’on pourrait qualifier de salvation d’une inéluctable disparition, elle leur donne une existence nouvelle, les détournant de leur usage comme de leur identité première. En somme, elle bouleverse les destins et ouvre de vertigineux champs des possibles. Avec eux, elle conspire des machineries improbables, bouffonnes, belles ou cauchemardesques. Démiurge de bien étranges résurrections, elle fait renaître les disparus et opère des passages du trépas à la vie.
Qu’il s’agisse de ses cabinets de curiosités, de ses mises en scènes d’objets du quotidien ou de taxidermies défraîchies, elle compose des cadavres exquis visuels, des objets-valises incongrus, des subversions, des jeux de coïncidences. Magali Lambert mêle également les médiums, la photographie, le dessin, la gravure, l’installation, la sculpture, créant des œuvres où le temps, l’espace, le réel et le factice, le mort et le vivant se télescopent. Ses hybridations, ses curieuses chimères, ses rencontres d’objets ou d’animaux donnent lieu à un univers fantasque et poétique. Ainsi révèle-t-elle des significations insoupçonnées et déroutantes pour en faire saillir la dimension symbolique et surgir un vocabulaire visuel nouveau. Ses œuvres portent une dimension sédimentaire et proposent par là-même de nombreux niveaux de lectures : elles recèlent autant de dimensions ludiques et humoristiques que de désespérées ou de funestes.
L’ordinaire possède des vies secrètes, des beautés insoupçonnées par-delà la mort et l’oubli, et Magali Lambert nous entraîne avec elle dans des mondes qui peuvent sans cesse se trouver réinventés par le glissement de notre regard. »
Caroline Bénichou
Infos pratiques
Biographie
Artiste française, Magali Lambert vit et travaille principalement à Paris.
Magali Lambert développe des hybridations photographiques, dessinées, sculptées, écrites, à partir de matières abandonnées. Ces rencontres consistent en des télescopages, des images et des mots. Depuis 2021, à l’occasion de l’exposition Regards croisés sur la nature au château de Saumur, elle investit l’installation par le biais de l’absurde et de la mise en abyme.
Michel Poivert, dans la préface qu’il signe à son livre Histoires Naturelles, parle de son travail en ces termes : « Magali Lambert débusque des objets, des vestiges et des squelettes, les marie en un corps merveilleux, les photographie comme à la noce puis épingle cette image dans une boîte, de celles que l’on confectionne pour les papillons ou les insectes remarquables. »
Magali Lambert est diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 2006. Nommée membre résidente de la Casa de Velasquez, Académie de France à Madrid, pour l’année 2012-2013, elle présente régulièrement son travail à travers le monde, notamment à Lianzhou (Chine), New-York, Madrid, Paris, Arles, Marseille, Porto, Bruxelles, Genève ou encore Athènes.
L’artiste travaille actuellement à son prochain livre mêlant photographie et écriture avec la maison d’édition Hartpon – après sa première monographie Venus du jamais mort éditée en 2018. Elle développe également de nouvelles recherches autour du tirage traditionnel investi par le dessin et la peinture, au sein de sa résidence à La Capsule (Le Bourget).
Représentée en France par la Galerie VU’ / Membre de l’Agence VU’ / Membre de l’ADAGP.