Laure LEDOUX
Kiap
Au 15 février
Kiap
Fruit d’une résidence sur le territoire picto-charentais sur la thématique « sport au féminin en milieu rural », cette exposition propose une approche plastique mêlant plusieurs techniques photographiques et création textile. Pendant un an, Laure Ledoux est allée à la rencontre de femmes pratiquant des sports très divers en amateur ou à très haut niveau. Du mermaiding au para-tir à l’arc, des supportrices de SuperKop-Ter à l’aviron, elle met en scène les pratiques engagées de ces femmes à travers une vision haute en couleur et décalée.
Ce projet a reçu le label « Olympiade culturelle » dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024.
Infos pratiques
À travers un projet né de la résidence photographique intitulée « sport féminin en milieu rural », mes recherches s’ancrent dans un questionnement profond sur le corps, l’identité, et la matière qui habille et incarne ces réalités multiples.
Avec KIAP, le vêtement devient bien plus qu’une simple tenue : il est une peau supplémentaire, une extension de soi, qui porte la mémoire des échanges et des expériences partagées avec chaque sportive rencontrée. Pour chaque modèle, j’ai créé un vêtement unique à partir de tissus sur lesquels j’ai transféré nos discussions par des techniques photographiques telles que le cyanotype, rendant visibles les émotions et les récits.
Ces étoffes, qui deviennent vêtements, sont des surfaces vibrantes, un terrain où l’intime et le collectif se rejoignent, où le territoire de chacune prend corps dans une esthétique commune.
Je conçois la photographie finale, comme le résultat de ces différentes strates du processus de création (le corps du modèle, le vêtement fabriqué, le tirage photographique). Différentes strates qui composent une nouvelle vision du sport et un nouveau territoire du corps.
Ce projet est une exploration du lien sensible entre photographie et matière, une fusion où chaque vêtement est considéré comme une photographie en soi. L’image photographique ne se limite plus au tirage, mais se porte, se touche, se ressent. Fascinée par les textures et la matérialité, je tisse dans ma démarche une interaction entre technologies anciennes et techniques de fabrication contemporaines et artisanales. Ainsi, j’interroge la photographie elle-même : non seulement comme image mais comme médium qui se déploie, qui enveloppe et modifie le corps.
Le parcours de l’exposition propose une expérience immersive, un cheminement où chaque vêtement devient une pièce d’une enquête visuelle sur la diversité des sports et des femmes qui les pratiquent.
KIAP – ce cri libérateur du taekwondo – résonne ici comme un symbole de puissance, d’émancipation et de cohésion. En proposant une lecture hybride du corps et du sport, cette exposition se fait le reflet d’identités en mouvement, révélées par la rencontre entre photographie, couture et récit. KIAP célèbre ainsi une nouvelle vision du corps, un territoire réinventé, où chaque strate de création – du vêtement à la photographie finale – raconte un possible, une histoire. Laure Ledoux
Visites commentées
Seul·es, entre ami·es ou en famille, les visites commentées proposées par l’équipe de médiation de la Villa Pérochon sont là pour vous accompagner et vous éclairer sur les démarches des photographes. Venez profiter d’un moment convivial au pied des œuvres !
Ces visites sont gratuites et ouvertes à tous·tes. Réservation conseillée par mail ou téléphone.

Biographie
Laure Ledoux est née à Niort et vit et travaille à Paris. Elle a d’abord étudié à l’École Supérieure d’Art et Céramique de Tarbes et est diplômée de l’École Européenne Supérieure de l’Image (Poitiers, 2008) et de l’École Nationale Supérieure de la Photographie (ENSP, Arles, 2012).
Son travail a bénéficié de prix tels que la Bourse Impulsion de la ville de Rouen, de la Bourse d’Aide à la Création du Conseil Général des Hauts-de-France entre autres. Laure est invitée en résidence à La Capsule au Bourget, où elle mène un projet depuis 2022, au Centre Art et Photographie de Lectoure en 2016/2017 elle a résidé la Cité Internationale des Arts à Paris en 2014/2015, à l’Université de Haute Alsace et la Kunsthalle de Mulhouse ainsi qu’au Centre d’art contemporain de Pontmain en 2014. Sa présence dans d’autres lieux de création plus ou moins atypiques tel que des lycées, collèges ou maisons d’arrêt lui ont permis de créer avec les jeunes gens qu’elle côtoie dans ces établissements. Elle est lauréate du programme de résidence 2023/2024 à la Villa Pérochon à Niort, où elle poursuit ses recherches sur l’image textile.
Son travail est basé sur l’image photographique et se déploie avec le portrait dans un questionnement du dépassement de soi et de la résistance des corps. Elle fait appel très régulièrement à des sportifs ou des gens qui repoussent les limites du corps. Dans un état intermédiaire, post-effort, le corps est réinterrogé, nous offrant un autre espace à inventer et à conquérir. Les portraits de Laure révèlent des visages, des corps, des conquêtes et des utopies, nous incitant à ré-interroger les normes.
Son rapport à la photographie est tactile et lié à la matière à chaque étape de la construction de l’image. Laure questionne les notions d’introspection et de contemplation à travers des moments de perturbation, et nous incite à nous libérer des codes de représentation.