Frédéric STUCIN
Les interstices

Du 29 avril
Au 03 septembre

Une résidence photographique en milieu psychiatrique

Automne 2020. Frédéric Stucin, photographe, pousse la porte de la P’tite Cafète, à Niort. Accolé au pôle psychiatrie de l’hôpital, l’endroit est un lieu de soin où les patients qui le souhaitent viennent passer un moment, boire un verre, manger une glace, suivre un match à la télé, discuter entre eux ou avec les soignants. Une semaine par mois, le photographe va leur proposer de créer, ensemble, de « vrais portraits rêvés ». Une photographie qui les raconte, qui dit ce que l’on a envie de dire de soi, à ce moment-là. Le pari de ce projet est que le regard extérieur ne soit plus un empêchement, mais au contraire l’occasion d’un partage. Que les patients donnent à voir au lieu d’être regardés.
Les Interstices est un projet co-construit par la Villa Pérochon, le service psychiatrique de l’hôpital de Niort, l’association Peppsy – Prêts et Externalisation pour la Psychiatrie –, la P’tite Cafète et Radio Pinpon. Il a reçu les soutiens du ministère de la Culture – Drac Nouvelle-Aquitaine et de l’Agence Régionale de Santé de Nou- velle-Aquitaine. Un jury composé de la Villa Pérochon, de soignants de l’hôpital et de patients a sélectionné le dossier de Frédéric Stucin pour son projet de « Portrait porte-rêve » parmi 80 candidatures reçues en 2020.
Entre décembre 2020 et janvier 2022, le photographe est venu en immersion une semaine par mois à la P’tite Cafète. Il est allé à la rencontre des patients. Leurs histoires sont devenues le point de départ de portraits mis en scène, les patients devenant ainsi les scénaristes de la création photographique, associant le réel et l’imaginaire. Au fil des semaines, une relation de confiance très forte s’est créée avec les patients et l’équipe soignante. Petit à petit, d’autres services qui n’étaient pas présents au début sont venus se greffer au projet : service des adolescents, psycho-gériatrie, addictologie… Chaque fin de semaine, une série de tirages était réalisée et montrées à toutes et tous, amenant discussion et débat, réflexion et adhésion.
Les Interstices, l’exposition et le livre sont les fruits de cette résidence longue.

L’exposition

L’exposition Les interstices présente 80 photographies. Petits formats façon trombinoscope où les soignants se mêlent aux patients, des grands paysages architecturaux posés dans les méandres de l’hôpital et des grands formats de portraits « matière » dans lesquels se fondent visages et aspérités des murs, les murs transpirant l’environnement humains et les visages le quotidien des locaux. Une bande-son enregistrée par les patients grâce au micro de Radio Pinpon accompagne l’exposition.

Le livre

La question de l’après résidence s’est très vite posée. Après le vernissage et les moments de joie partagée, l’idée d’un livre s’est vite imposée. Le résultat est un ouvrage de 120 pages aux éditions Filigranes, qui met en valeur l’écriture du photographe et les démarches sociales, artistiques et sanitaires de cette expérience.
Avec un texte d’Ondine Millot, Les Interstices – le livre – rassemble une partie des photographies présentées dans l’exposition. Tout comme Frédéric Stucin, Ondine Millot s’est elle-aussi immergée au sein de la P’tite Cafète pendant une semaine en janvier 2022, récoltant histoires et témoignages.
« Notre soin se niche dans les interstices. C’est la phrase d’Éric L. pour tenter de résumer tout ça, les paquets de gâteaux à un euro, les dessins et poèmes sur les murs, les sessions Radio Pinpon, la grenadine consolatrice, la main sur l’épaule, la petite blague, le clin d’œil, le café serré en réconfort, les regards, être là. […] Les interstices, dit Éric, pour dire cette écoute, cette attention non quantifiable, non traçable, qui n’entre pas dans les tableaux Excel, qui prend un temps incalculable, humain. »

Infos pratiques

Exposition du 29 avril au 3 septembre 2022 à la Villa Pérochon
du mercredi au samedi de 13h30 à 18h30
ENTRÉE LIBRE & GRATUITE
Fred Stucin

Biographie

Frédéric Stucin est né à Nice en 1977 et il vit à Paris. Diplômé des arts décoratifs de Strasbourg et de l’École Louis Lumière, il a commencé à travailler comme photographe de presse en 2002. Il collabore avec plusieurs médias (Libération, Le Monde, L’Équipe, Le Figaro, Vanity Fair, L’Obs, Les Échos, Les Inrocks, Elle, Time Magazine, Stern…), à la fois en portraits et en reportage. En parallèle, il poursuit un travail personnel. En 2021, il a publié aux éditions Clémentine de la Féronnière La Source, exploration des berges de la Seine, jusqu’à sa source, au moment du premier déconfinement. Une seconde monographie sortie en 2021 – Endorphine, éditions Filigranes – aborde aussi le thème de la crise sanitaire, à travers les portraits de sportifs privés de leur activité. En 2019, il a publié aux éditions du Bec en l’air, Only Bleeding (exposition à la galerie Vu’), un récit sur l’errance des laissés pour compte du rêve américain. Il est aussi lauréat du Prix Eurazéo et du Hangar Photo Art Center avec sa série Le Décor.

Site de Frédéric Stucin

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