Prix Photographie & Sciences
Julien Lombardi / Richard Pak
Au 21 février
Prix Photographie & Sciences
2 expositions en 1!
Cet hiver, la Villa Pérochon met en parallèle 2 lauréats du Prix Photographie & Sciences. Julien Lombardi a remporté la 4e édition en 2024. Entre écologie, cosmologie et technologie, Planeta propose un contre-récit de la conquête spatiale dans le désert de Sonora au Mexique. Il questionne nos représentations de l’espace et les mythes qui lui sont associé. Richard Pak est le premier lauréat en 2021. Sa photographie nous emmène sur l’île de Nauru en Micronésie pour un conte écologique et social où folie des grandeurs et cupidité ont ravagé une île paradisiaque.
Vernissage vendredi 10 octobre à 18h30.
Causerie « Réinventer nos imaginaires à travers la photographie et les sciences » samedi 11 octobre à 15h avec Julien Lombardi et Richard Pak, modérée par Andreina De Bei, rédactrice en chef adjointe et responsable du service photo au magazine Sciences et Avenir – la Recherche.
Ces événements sont proposés dans le cadre de la Fête de la Science.
Infos pratiques
Julien Lombardi
Planeta
Le projet Planeta prend pour point de départ les missions Apollo simulées dans le désert de Sonora au Mexique dans les années 60-70 pour échafauder un contre-récit de la conquête spatiale. Avec la complicité d’astrophysiciens, de biologistes, de géologues et d’anthropologues mexicains, Julien Lombardi prolonge cette simulation en considérant la Terre comme une planète analogue. Cette pratique est connue des exobiologistes et des planétologues qui travaillent par «résonance» cognitive et émotionnelle pour abolir les distances et relier connaissances scientifiques et expériences sensibles. Ils cherchent à produire des harmonies entre des corps étrangers qui, l’espace d’un instant, vibrent sur les mêmes fréquences. S’inspirant de cette technique, il explore avec sa pratique photographique des protocoles associés à la recherche scientifique dans le champ du spatial au Mexique : documentation de paysages, prélèvements géologiques, preuves bactériologiques, recherches de signaux, fabrication de nanosatellites…
Planeta est le projet lauréat de la 4e édition du Prix Photographie & Sciences 2024.

Biographie
Julien Lombardi appréhende la photographie sous toutes ses formes, qu’il en soit l’auteur ou non, son rapport à ce médium se réinvente dans chacun de ses projets pour explorer nos environnements, nos identités et nos mémoires. Il s’inspire librement de sa formation en anthropologie et des outils d’investigation qu’elle offre pour conduire des enquêtes dont les finalités sont plus sensibles que scientifiques. Sa démarche s’apparente à celle d’un chercheur, il collecte des informations sur des sujets de société tels que le tourisme, le patrimoine ou la construction d’une jeune république puis ils les détournent en offrant une réflexion sur l’image.Ses travaux photographiques ne sont ni témoignages, ni preuves mais plutôt des fictions ouvertes qui questionnent des passés, des présents et des futurs possibles.
Richard Pak
L’île naufragée (cycle Les îles du désir)
Nauru, en Océanie, est passé en moins de vingt ans du pays le plus riche à l’un des plus pauvres au monde. Son histoire pourrait être une fiction littéraire où folie des grandeurs et cupidité ont transformé une île paradisiaque en un effondrement écologique, économique et social.
Au siècle dernier, un géologue découvre par hasard le phosphate. L’exploitation démarre alors par des puissances étrangères qui se succèdent et qui vont appauvrir le sol pour enrichir le leur. À son indépendance en 1968 les centaines de millions de dollars de l’industrie minière font du nouvel état le plus riche du globe, qui les redistribue fort généreusement à sa population. Parallèlement Nauru investit sa fortune dans la spéculation immobilière et financière. Pendant deux décennies d’euphorie le petit peuple de pécheurs adopte le mode de vie occidental, se met à hyper-consommer et à dépenser sans compter. Mais le jour des comptes arrive au milieu des années 90 quand le phosphate s’épuise et ainsi les revenus quasi-exclusifs de l’île. Entre folie des grandeurs, corruption et inexpérience des décideurs, les investissements immobiliers se révèlent catastrophiques et sont revendus à perte. Désastre économique et écologique, le pays sombre et devient l’un des plus pauvres de la planète alors que la dense forêt tropicale qui recouvrait l’île a laissé la place à un désert inhabitable.
Ce projet a été soutenu par le Cnap, La Fondation des Artistes et le « Prix Photographie & Sciences » initié en 2021 par la Résidence 1+2 (Toulouse).

Biographie
Auteur pluridisciplinaire né en France. Vit et travaille à Paris.
« Organisée en séries ou en épisodes, l’œuvre de Richard Pak se bâtit de façon empirique, entendons sans dogme ni programme, sans systématisme non plus. Force est toutefois de constater, comme chez tout artiste, que le corps de l’œuvre est structuré autour de grandes notions et de recherches formelles adaptées. Il s’est ainsi imposé, de façon plus ou moins intuitive, une “manière” propre à Richard Pak. Pas d’effet, mais des rapports de corps à corps, l’oubli de sa présence pour la révélation de l’existence de l’autre. C’est l’idée même de photographie qui est travaillée sans qu’il ne soit question d’une cohérence stylistique de façade et encore moins d’un processus invariant qui vaut caution esthétique. Ici il faut être réaliste, là symbolique, ailleurs métaphorique, que l’approche soit expérimentale et plastique, classique et documentaire, sociologique et fictionnelle, Richard Pak affirme sa liberté d’écriture. Car ce qui se joue est souterrain, au plus profond de ce qui travaille sa représentation du monde : le sentiment océanique, la modernité tardive, la puissance des affects, l’incarnation par l’image. La nécessité de voir vivre pour exister. » Michel Poivert, historien de la photographie.
Richard Pak a publié trois monographies aux éditions Atelier EXB, journal et Filigranes. Il expose régulièrement en France et à l’étranger et ses photographies font partie de collections publiques et privées dont celles de la Bibliothèque Nationale de France, de la Collection Neuflize OBC et de nombreuses artothèques.
Il est représenté en Italie par la Galerie Spot (Naples).
Le Prix Photographie & Sciences
La Villa Pérochon – CACP, le ministère de la Culture, le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et l’ADAGP s’engagent à soutenir la création photographique contemporaine en créant le Prix Photographie & Sciences, avec les partenaires médias Fisheye et Sciences et Avenir – La Recherche.
Ce prix annuel est destiné à tous·tes les photographes professionnel·le·s de la scène française (créateur·rices français·es ou artistes travaillant et/ou résidant en France, quelle que soit leur nationalité) développant une photographie d’auteur·e. Une dotation de 6 000 euros permet d’accompagner le·a photographe lauréat·e à finaliser une série photographique en cours de réalisation, qui associe la photographie (sous toutes ses formes) et les sciences (toutes disciplines confondues), en France et/ou à l’étranger.
Auparavant porté par la Résidence 1+2 à Toulouse, le Prix Photographie & Sciences est désormais organisé par la Villa Pérochon, centre d’art contemporain photographique labellisé d’intérêt national à Niort.