Adrien Pontet & Tao Douay
Exîle

Du 05 avril
Au 25 mai

Rencontres de la jeune photographie internationale 2024
Édition spéciale – 30 ans après?

Exîle part d’un constat écologique simple: les réserves minières d’argent sont bientôt épuisées. Au rythme actuel d’extraction, il resterait environ vingt ans d’exploitation et il nous paraît donc clair que la photographie argentique vit ses derniers instants. Nos images sont le fruit d’un travail réalisé au début de l’hiver 2023 sur une petite île au large des côtes bretonnes. Tous les négatifs ont été révélés avec des plantes ramassées sur cette île, et les tirages présentés lors de l’exposition seront eux aussi révélés mais également fixés aux plantes. Très attachés au médium de la photographie argentique, nous souhaitons pouvoir continuer à l’expérimenter, en nous affranchissant autant que possible de la chimie traditionnelle et en utilisant des films et des papiers périmés, voués à être jetés. Cependant, ce type de fixation n’est pas durable. À partir d’un geste écologique et poétique, nous proposons donc un travail qui renoue avec ce qui fait le sel de la photographie à ses origines : l’accident, l’imperfection et l’impermanence. Nos images sont un tremplin vers une réflexion sur la spécificité de notre époque, sur la photographie argentique en elle-même, et sur ce fantasme commun qu’est celui de l’insularité et de l’isolement à l’heure de l’effondrement du monde tel qu’on le connait. Les supports techniques et les récits que nous avons construits fonctionnent en vases communicants : le caractère éphémère et incertain de nos images entre en écho avec la finitude de la photographie argentique et celle du monde qu’elle permet de capturer.

Informations pratiques

Exposition du 5 avril au 25 mai 2024 au Pilori
Du mardi au samedi de 13h30 à 18h30, fermée les jours fériés
ENTRÉE LIBRE & GRATUITE
portrait adrien

Biographie

Après un master en philosophie et un autre en journalisme, Adrien Pontet a travaillé quelques années en tant que pigiste dans la presse culturelle. C’est au cours de ces années à exercer un travail critique sur les beaux-arts qu’il a aiguisé son regard sur la photographie contemporaine et son monde. Juste avant la pandémie de Covid 19, il a eu l’opportunité de quitter Paris pour s’installer sur une île privée en Bretagne où il a été embauché en tant que gardien/intendant. Il y vit depuis quatre ans et au-delà des tâches d’intendance générale et de préservation du patrimoine qui lui incombent, il travaille à l’écriture de nouvelles et expérimente la photographie argentique et ses modes alternatifs de développement.

portrait tao

Biographie

Tao Douay est né près de Toulouse, et il a vécu depuis, dans une de ces maisons de charme que sont les anciens presbytères, dans un petit village perché sur les collines du Comminges qui a pour nom Montaut. Montaut a pour singularité d’avoir un habitat si disséminé que le village se résume à son église, son presbytère, une vague place, et trois ou quatre maisons… Autre singularité, le cimetière est resté accolé à son église et fait partie lui aussi du cœur du village. L’enfant Tao a pu s’amuser, rêver, imaginer entre les tombes et les cyprès.
Au sein de cette enfance isolée, une parenthèse fondatrice le transformera à jamais. Sa famille quitta Montaut pendant quelques années, pour une petite ville du Chili à l’orée du désert. Une période marquante qui se termina par un retour forcé en France, un sentiment de déracinement irrépressible.

Site de Tao Douay

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