L’image et la page
Carte blanche aux éditions lamaindonne
Au 19 septembre
« Le livre de photographie possède une singularité qui le distingue des autres livres d’art. Car contrairement aux ouvrages consacrés à la peinture, à la sculpture ou à l’installation — qui montrent la reproduction d’œuvres existant ailleurs —, il est constitué par l’œuvre elle-même. La photographie est en effet un médium reproductible : l’image imprimée dans le livre n’est pas la simple représentation d’une œuvre, mais l’une de ses formes d’existence. Le livre n’est donc pas un médiateur entre le lecteur et l’œuvre. Il permet l’expérience directe de l’œuvre, sans intermédiaire. » David Fourré, responsable des éditions lamaindonne
Pour cet été, la Villa Pérochon interroge ce lien fort entre photographie et édition en invitant les éditions lamaindonne et son responsable David Fourré. Autour de 8 photographes, cette exposition collective dévoile le travail mené de concert entre un·e photographe et son éditeur.
En lien avec l’expo
Vendredi 18 septembre – Journée professionnelle avec France Photo Book (programme à venir)
Samedi 19 et dimanche 20 septembre – Workshop avec David Fourré (infos à venir)
Informations pratiques
Journée d’ouverture
samedi 27 juin








Une exposition collective
Martin Bogren
Kodo
Lors d’un voyage au Japon, Martin Bogren s’est perdu sur le Kodo, sentier au cœur des forêts et des rochers pendant plusieurs jours. Une expérience spirituelle qui lui a permis de retrouver le calme et une clarté nouvelle pour sa photographie; Et un livre qui invite à la lenteur et à l’écoute de soi-même.
Nolwenn Brod
Le Temps de l’Immaturité
Déambulation urbaine jalonnées de visages, de fragments de corps, d’animaux et d’arbres, Nolwenn Brod se nourrit des rencontres fortuites au fil des marches, de jour comme de nuit. Son livre est inspiré des concepts d' »immaturité » et de « gueule » de l’écrivain Witold Gombrowicz.
Julien Coquentin
Oreille coupée
Cette enquête écologique et sociologique part sur les traces du loup dans le Massif Central. Photos en couleur de la forêt, portraits, textes issus de rencontres avec des éleveurs, des naturalistes, archives de l’Aveyron, photographies prises avec des pièges photo et traitées en cyanotypes… Oreille coupée se compose de toutes ces matières qui prennent sens avec les différents papiers.
Celine Croze
Siempre que
Au cour d’un tournage au Venezuela en 2015, Celine Croze découvre les immenses cités verticales de Caracas où la violence semble faire partie du paysage et rencontre Yair, chef de gang. Elle tombe amoureuse d’un regard. Il lui raconte sa vie, les armes, la peur, les morts, les rêves impossibles.
Damien Daufresne
The Overmorrow
Ce livre est un conte ou une fable, une histoire de celles que l’on raconte le soir à la lueur d’une petite lampe avant que l’autre ne s’endorme ; que l’on raconte un soir puis à nouveau le soir suivant, et encore une fois et tout les soirs chaque fois un peu différemment en y laissant des blancs pour la prochaine fois.
Gabrielle Duplantier
Wild Rose
Après une série de voyages et l’épisode du confinement, Gabrielle Duplantier est de retour dans la maison familiale, au milieu des bois et à proximité d’un lac. Elle y construit sa propre maison, comme un refuge, un radeau. Cet endroit lui permettra de se retrouver, d‘être vraiment elle-même…
Gilles Roudière
Soledades
Gilles Roudière a parcouru l’Andalousie pendant plusieurs mois, une région inconnue pour lui, sans intention documentaire masi surtout en veillant à éviter les lieux communs sur le sud de l’Espagne. Il en a rapporté un carnet de route, contemplatif et épars qui finalement rendait plus compte d’un cheminement intérieur que d’une exploration géographique.
Simon Vansteenwinckel
Aux ombres
Chaque année, en décembre, dans le Dakota du Nord et du Sud, des membres des tribus Lakotas (Sioux) se rassemblent pour réaliser une chevauchée de 450 km, pendant 15 jours, sous des températures pouvant descendre jusqu’à -20°C. Ils suivent les traces de la tribu du chef Big Foot, dont les 300 membres, principalement des femmes et des enfants, furent massacrés à Wounded Knee le 29 décembre 1890. Entre chevauchée spirituelle et maintien des traditions ancestrales.
Pourquoi confier une carte blanche aux éditions lamaindonne ?

« J’aime le livre. J’aime le livre de photographie. J’aime le livre quand il définit des espaces de liberté, qui donne de la place aux mots et aux photographies, tantôt poétiques et irréelles, le plus souvent fantomatiques, fantasmagoriques, quasi-bibliques… J’aime le livre de photographies quand il est pensé comme un véritable objet narratif, accordant une attention particulière au dialogue entre les images, le texte, la mise en page, l’exigence esthétique et le soin apporté à la fabrication finale. J’aime le livre de photographies quand il convoque le « je », cette première personne du singulier qui est autant l’artefact d’une intimité assumée que d’une subjectivité revendiquée.
Il est rare d’inviter un éditeur pour une exposition qui plus est dans un centre d’art contemporain labellisé. Inviter les éditions lamaindonne, ce n’est pas seulement montrer une grande diversité de livres, c’est avant tout mettre en lumière un univers éditorial homogène, un écosystème visuel cohérent où chaque livre semble relié au suivant, un peu comme les ricochets sur l’eau. Martin, Nolwenn, Julien, Céline, Damien, Gabrielle, Gilles, Simon, autant de photographes de renommée internationale qui ont en commun d’être relié·es au même éditeur.
Cette exposition inédite est une invitation confiée à une famille de créateurs et créatrices ouvert·es sur le monde. En ce sens, elle fait écho au manifeste de la Villa Pérochon pour la promotion d’une photographie engagée, portée par des écritures visuelles exigeantes. Elle est enfin l’expression d’un soutien fort que le centre d’art apporte à la photographie d’auteur et à l’un de ses principaux vecteurs : l’édition photographique. » Philippe Guionie, directeur de la Villa Pérochon-CACP